Plan détaillé de dissertation
Sujet : Zola écrit dans un de ses essais théoriques :
« Le naturalisme, fatalement, tue le héros ». Qu’en
pensez-vous ? Le terme de « héros romanesque » convient-il pour
désigner le personnage principal du roman naturaliste que vous avez étudié
?
Complétez ce plan de dissertation
en ajoutant pour chaque argument un ou deux exemples tirés de Bel-Ami. Vous
vous appuierez sur des scènes précises, que vous localiserez dans le roman
(chapitres et parties).
INTRODUCTION :
On cite cette phrase de Zola : « Le naturalisme
fatalement tue le héros ». Le raisonnement de Zola est logique. La
doctrine naturaliste entend faire du roman une représentation objective du
réel. A ce titre, elle refuse l’événement spectaculaire, l’intrigue
« romanesque ». Le personnage naturaliste doit donc être un être
banal, moyen, dont les défauts équilibrent pour le moins les éventuelles
qualités. Dans ces conditions, le personnage principal du roman naturaliste
mérite -t-il encore le nom de « héros romanesque » ? Prenons
l’exemple de Bel-Ami, le protagoniste du roman de Maupassant. Si l’on définit
le « héros romanesque » comme cette figure idéalisée offerte par les
romanciers traditionnels à l’identification du lecteur, non ! A coup sûr,
Bel-Ami ne répond pas à cette définition. Ce serait plutôt un
« anti-héros », c’est à dire un personnage proposé à la réprobation
du lecteur. Zola a donc en bonne partie raison. Bel-Ami, cependant, est-il
totalement dépourvu de dimension romanesque ? Cela se discute, comme nous
allons le voir.
1°
PARTIE : BEL-AMI EST UN « ANTI-HEROS ».
A1 - Un
séducteur cynique, insensible et brutal.
A2 - Médiocrité intellectuelle de Bel-Ami.
A3 – Une cupidité sans limite
TRANSITION :
Maupassant a donc fait de Bel-Ami un anti-héros, un personnage
antipathique à bien des égards, très différent par exemple d’un Julien Sorel ou
d’un Rastignac. MAIS, est-il pour autant un personnage moyen, normal, sans
attrait pour le lecteur, comme le voudrait un naturalisme théorique ? Rien
n’est moins sûr.
2°
PARTIE : BEL-AMI EST MALGRE TOUT UNE FASCINANTE CRAPULE.
A2 – Les excuses de Bel-Ami :
l’origine pauvre, l’influence du milieu.
A3 – Si ce n’est pas un esprit supérieur, c’est en tous cas un malin, dont l’intelligence pratique a quelque chose de fascinant.
A4 – A l’égard
des femmes, est-il si dénué de sentiments qu’il en a l’air ?
CONCLUSION :
Georges Duroy garde donc des caractéristiques du héros romanesque. Le
roman naturaliste reste un roman. C’est ce qui fait aussi son efficacité
dramatique. Bel-Ami, avec l’ascension miraculeuse de Duroy, est une
sorte de « conte de fées réaliste », qui entraîne le lecteur dans un
rêve de réussite sociale. Mais d’un autre côté, ce héros moderne qu’est Bel-Ami
a des méthodes peu ragoûtantes. Le lecteur hésite, évolue pendant la lecture.
Complaisant, voire compatissant au début, il est vite pris de dégoût devant le
personnage. Mais la scène finale est conçue pour le laisser sur une attitude
indécise. Le lecteur a du mal à se situer. Le sens de l’œuvre reste ambigu.
N’est-ce pas là précisément toute la stratégie de l’auteur réaliste :
mettre le lecteur en position réflexive, l’ « obliger à
penser », comme dit Maupassant dans son essai « Le Roman »
(préface de Pierre et Jean) ? L’obliger à penser et à prendre
position, en fonction de ses propres valeurs ?