LE MARIAGE DE FIGARO
ACTE V, SCENE 3
Extrait, de "Est-il rien de plus bizarre que ma
destinée ..." à " ... et me voilà derechef sans emploi".
QUESTIONS D'ORAL
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1) En quoi peut-on parler ici d'un comique de répétition ?
2) Quel est le schéma argumentatif de ce discours contre les vices du temps ?
COMMENTAIRE
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LE MARIAGE DE FIGARO, V,3 : de « Est-il rien de plus bizarre que ma destinée… » jusqu’à « …et me voilà derechef sans emploi ».
Vous proposerez le commentaire
composé de cet extrait en respectant le parcours de lecture suivant :
Vous analyserez en premier lieu comment s’organise le récit de Figaro, puis
vous étudierez les cibles et les procédés stylistiques de la critique
sociale présente dans ce texte.
INTRODUCTION : à rédiger .
I – UNE SUCCESSION D’ECHECS :
1)
Les métiers successifs de Figaro : Après une évocation de sa naissance qui
tient lieu d’introduction, F. évoque successivement ses études et son
premier métier de vétérinaire, puis son expérience d’auteur dramatique ;
son entrée dans la politique à travers la rédaction d’un essai d’économie ;
enfin, sa tentative de créer un journal. Chacune de ces étapes de sa vie
s’achève sur un échec : un métier dévalué, une pièce interdite ;
un séjour en prison ; un journal censuré.
2)
Une structure répétitive qui met en évidence le sens que Figaro donne
à sa vie :
·
Ce sens
est exprimé dés l’introduction :
« et partout je suis repoussé ». Sa vie, pense Figaro, est
l’histoire d’un échec sans cesse renouvelé dû aux obstacles que la société
oppose aux personnes de modeste extraction, quels que soient leurs mérites.
·
Récurrence
de la syntaxe énumérative : à quatre reprises, cette fatalité de l’échec
est exprimée par le retour de longues énumérations décrivant les efforts de
Figaro ou les obstacles auxquels il s’est heurté. Ces énumérations de plus
en plus développées, hyperboliques, invraisemblables et cocasses au fil du
texte créent un effet comique.
· Récurrence de procédés d’opposition ou de conséquence destinés à créer des effets de chute : les trois premiers de ces passages énumératifs se concluent par un « et » avec le sens de « et pourtant » ou de « et ainsi », suivi d’un court membre de phrase résumant l’échec. Dans le quatrième, c’est l’interjection « Po-ou ! » qui joue le même rôle.
1)
Les cibles de la critique
·
Les
privilèges : l’accès aux places importantes ne peut s’obtenir que si
l’on est noble, ou riche. C’est ce qui ressort notamment du début du texte.
·
Le poids
de l’église : l’expérience théâtrale de Figaro nous rappelle ce qui
se passait fréquemment au XVIII° siècle : les écrivains déguisaient
leur discours en empruntant notamment le masque de sujets orientaux (« dans
les mœurs du sérail » ; cf le Mahomet de Voltaire) ou
espagnols (Beaumarchais lui-même). Mais des cabales (représentées ici par la
pression des gouvernements étrangers) obtenaient fréquemment du roi qu’il
fasse interdire les œuvres jugées dangereuses pour la religion.
·
L’embastillage
des opposants : sur simple ordre des ministres (ces « puissants
d’un jour ») ou du roi (rapidité d’exécution suggérée ici par
l’aspect elliptique du récit) on pouvait se retrouver dans certain « château »
(La Bastille, ou le Fort de Vincennes ont été beaucoup fréquentés par les écrivains
au XVIII° siècle : Voltaire, Diderot., Sade…)
·
Les
limites de la liberté d’expression, le poids des groupes de pression de
toutes sortes : l’expérience de Figaro dans le journalisme est
l’occasion pour Beaumarchais de décrire le mécanisme par lequel les privilégiés
(énumération) ou au contraire les « pauvres diables » de
journalistes menacés par la concurrence constituent un formidable réseau
d’intérêts faisant pression sur le roi et les censeurs pour empêcher la
libre expression des idées.
2)
Les moyens littéraires de la critique :
·
L’ironie :
plusieurs exemples à analyser.
· L’art de la maxime :idem.
CONCLUSION : Un texte qui illustre bien la fonction contestataire
dévolue à la littérature, et plus précisément au théâtre pendant le siècle
des Lumières. Figaro n’est pas ici seulement un personnage de théâtre, même
si sa colère s’explique par la situation dramatique, il est un porte-parole
politique de l’auteur, il parle avec une éloquence qui est celle d’un
« philosophe des Lumières » plus que d’un concierge du château
d’Aguas-Frescas.